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 Newsletter du Club Banque Finance Assurance - édition n°12 du 28 février 2011

  • JLS
  • Lundi 28/02/2011
  • 14:27
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1.      L’EDITORIAL
 
Le Club va fêter ses deux ans ce 10 mars prochain. Déjà ! Cela justifie bien un d’anniversaire ….. un peu long.
 
Que peut-on dire de son parcours dans ces deux ans ?
 
Il a démarré sur un pari d’Altran basé sur le fait qu’il n’y avait pas de forums spécifiques où les acteurs de l’innovation dans la et l’ pouvait se rencontrer, échanger, s’exprimer. Il s’est agrandi par apports successifs, plus par du bouche à oreille qu’autrement puisque la connaissance de son existence est toujours réservée aux happy few que nous sommes. Il ne peut pas de toute façon se développer sur une grande échelle puisqu’il y a peu de directeurs explicitement chargés globalement de l’innovation au sein de leur entreprise dans le périmètre de la et de l’.
 
Son existence semble correspondre à un moment particulier où beaucoup de personnes, et en particulier nos membres, pensent que la et l’ reconnaissent que le monde évolue et qu’elles doivent innover dans le sens d’un véritable rapprochement avec le client pour mieux l’accompagner dans sa vie dans un contexte d’évolution culturelle sans précédents, alors que les dernières années ont vu ces mêmes établissements investir prioritairement dans les instruments financiers de marché avec certains des résultats malheureux récents que nous connaissons.
 
Comme le Club rassemble les Directeurs de l’Innovation Groupe, désignés par leurs propres entreprises, des établissements financiers parmi les importants de la place, il en certainement le reflet de l’état des efforts d’innovation de tout le monde financier français, hors produits de marché.
 
Ainsi, le Club est fort et … faible, comme le sont ses membres au sein de leurs établissements et donc comme l’est l’innovation au sein de ces établissements.
 
Le Club est fort de sa représentativité d’abord mais surtout parce qu’il est ambitieux dans ses objectifs et certainement dans celui de produire des idées innovantes en commun.
 
Le Club est fort de la participation assidue de ses membres alors que nous ne sommes mêmes pas vingt membres.
 
Le Club est fort pas la qualité remarquable de ses échanges, de ses débats d’idées et de l’engagement de ses membres dans les actions entreprises.
 
Le Club est fort par son projet Fidji qui est sans conteste un succès pour la démarche et nous en sommes légitimement fiers. Nous sommes fiers de nous être donné un défi, d’avoir su ensemble le relever, de nous être entouré du bon support académique et professionnel et surtout d’avoir abouti à un démonstrateur frappant qui montre l’aboutissement d’une démarche véritablement innovante !
 
Le Club est également fort par sa capacité à attirer des représentants du monde académique, intéressés à participer à notre objectif de faire avancer l’innovation dans la et l’ en France.
 
Le Club est faible car la position structurelle de ses membres dans les organisations de leurs entreprises n’est pas toujours très forte. Faut-il rappeler ce qui s’est passé à Groupama, les difficultés rencontrées à Axa, CNP, BNP Paribas, La Postale, BPCE ?
 
Le Club heureusement est également fort par la montée en puissance (ou la poursuite) des efforts d’innovation à la Société Générale, le Crédit Agricole et Generali. Mais dans tous les cas, nos membres ne disposent que de petites équipes en regard des structures bien plus importantes que l’on trouve dans l’Industrie manufacturière et même dans certaines industries de service.
 
Le Club est aussi faible car l’innovation dans la et l’ est faible. Nous en connaissons certaines raisons :
  • Il n’existe pas de brevet, ce qui empêche de calculer clairement et surtout simplement un ROI. Une Direction Générale a donc du mal à estimer la rentabilité de ce type d’investissement,
  • Les contraintes de conformité à la réglementation du secteur et leur évolution constante ont tendance à monopoliser les budgets au détriment de l’innovation. Cela dit,  la pression de la règlementation représente souvent la seule incitation à l’innovation car les conditions du marché s’en trouvent profondément altérées.
  • Il est difficile pour une entreprise de profiter seule d’une innovation de rupture car elle devra d’abord la soumettre à l’approbation des autorités règlementaires chargées de vérifier l’absence d’un risque systémique,
  • L’équilibre contractuel entre les clients et leurs banques ou assurances n’existe pas vraiment. Les clients doivent posséder un compte bancaire (de facto) ou souscrire des assurances (obligation légale), le tout dans un cadre règlementaire strict. Destiné en théorie à protéger les clients, ce cadre installe également les organismes financiers dans un rapport de confort avec eux et ne les incitent pas à innover,
  • De la même façon, les habitudes concurrentielles de prudence et un marketing bridé par les exigences de la communication auprès des analystes financiers et des agences de notation (le rating est tout dans ce monde) ne sont pas non plus des éléments favorisant l’innovation,
  • De plus, la quasi inexistence d’un corpus universitaire digne de ce nom dans la formation, l’étude et la recherche en méthodes et bonnes pratiques adaptées au domaine de la et l’, explique l’immaturité de l’innovation dans le domaine. Cela se traduit par un tâtonnement général concernant la mise en place d’approches appropriées dans les banques et les assurances,
  • L’attitude traditionnelle du marketing a souvent consisté à pousser des nouveautés, des innovations incrémentales et présentées comme essentielles auprès des clients…sans finalement les associer à leur démarche ou prendre en compte leurs nouveaux besoins.
 
En résumé :
  • Une maturité faible pour mettre en place une stratégie d’innovation structurelle et structurante,
  • Les structures en charge de l’innovation sont petites et fragiles, quand elles existent,leurs missions manquent de clarté et leurs moyens sont faibles,
  • Il y a souvent confusion entre innovation technologique et innovation financière,
  • Ces structures sont rattachées à des structures de décision très diverses et ne relèvent pas souvent d’une structure de type « business development » d’où leur précarité,
  • Elles sont faiblement reconnues par leur environnement et elles sont souvent en opposition structurelle avec le marketing,
  • N’est-ce finalement que de la communication ? « L’avenir de la et de l’ est dans l’innovation ! » : on constate ainsi une différence significative entre la volonté affichée et la réalité,
  • Beaucoup de projets d’innovation participative ont éclos dans les années 2000 mais sans s’insérer dans une véritable dynamique globale d’innovation,
  • SAUF dans les marchés financiers,
  • Et SAUF pour certaines initiatives globales de place comme la carte bancaire et peut-être le paiement par mobile.
Le Club est fort encore une fois par son projet Fidji qui, grâce à JP Legrand, qu’il en soit éternellement remercié, a mis sur la table l’ « idée », le Design Thinking dans la et l’. Ce projet réussi justifie à lui tout seul l’existence du Club.
 
Maintenant, il faut continuer. Et là réside peut-être la faiblesse actuelle du Club. L’idée du projet Fidji nous a été amenée par un des membres du Club et nous ainsi permis de lancer rapidement ce projet, sans avoir à passer par la case départ : trouver une idée intéressante sur laquelle le Club puisse travailler pour qu’elle se transforme éventuellement en idée d’innovation.
 
Nous avons travaillé au sein d’un Groupe de travail «  » sur la façon d’identifier de type d’idée dans le secteur de la et l’. Malgré un nombre important de réunions auxquelles ont participé beaucoup de membres, preuve de leur intérêt fort, nous n’avons pas trouvé encore la bonne démarche collaborative. Nous avons également en exemple les travaux de Groupama en 2010 pour produire une lettre interne de l’innovation et nous ne pouvons pas totalement nous en inspirer puisque la direction de l’innovation a disparu avant la distribution du 1er numéro.
 
Bref, pour nous donner un nouveau challenge pour 2011, lancer un projet qui soit aussi réussi que Fidji (la barre est placé très haute), j’ai essayé de vous faire contribuer, en mode web 2.0, et vous faire converger sur l’identification d’un nouveau projet à partir de quelques unes de mes propositions (monnaies alternatives, identité numérique, nouvelles interactions humaines, vie réelle et vie virtuelle, l’Internet des Objets) et celle de Generali sur le développement durable.
 
La première séance de l’année, le 9 février dernier, a permis à tous les nombreux membres présents de travailler sur ces propositions dans un mode créatif, grâce à Philippe van Caenegem, brillant orchestrateur, accoucheur de ces séances de créativité.
 
Cette séance a tenu ses promesses dans l’émergence inattendue d’une fédératrice, bien qu’encore trop vaste pour identifier derechef une véritable idée innovante et ainsi lancer un projet : « la relation client durable, dans la continuité de la pensée « Fidji » de partir du vécu des personnes, dans une approche de Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises ». Cette séance a également permis à des idées, a priori saugrenues, comme faire participer le monde du luxe pour faire partager leurs approches de la qualité, du respect, etc.., de voir jour.
 
Ce n’est pas vraiment ce que j’ai retranscrit comme compte-rendu de la séance, mais sans que son contenu soit faux ! En discutant avec certains membres, je me suis rendu compte d’un certain biais dans ma rédaction et dans la construction d’un formulaire support pour préparer une deuxième réunion d’identification d’idées. En effet, j’étais pressé ! Mais, que signifie être pressé dans le monde de l’innovation ? Ce n’est pas parce que nous cherchons, vite, que nous allons trouver, vite de surcroît.
 
C’est là que je me rends compte de la faiblesse de nos outils, de nos démarches et certainement de nos moyens pour parvenir à nos fins. Où se trouve le support d’un des  ? Où se trouve le support académique sur les bonnes méthodes d’innovation dans la et l’ ? Nulle part car inexistants sur le marché. Que de travail en perspective pour le Club finalement !
 
Sommes-nous sûrs que la très petite entité que nous sommes (avec les fragilités décrites plus haut) est capable à elle seule de penser l’innovation dans la et l’ alors même que les entreprises de nos membres y consacrent des sommes ridicules par rapport à leur envergure financière? Ne sommes-nous pas trop petit ? Ne devons-nous pas faire cette recherche d’un nouveau projet avec un panel beaucoup plus large, entre autre avec un support académique plus conséquent ? Devons-nous intégrer le Pôle -Innovation pour essayer d’y trouver un environnement plus large et plus de moyens ?
 
Sommes-nous sûrs que notre production créative soi à la hauteur des enjeux de la profession ? Sommes-nous sûrs que nos d’idées innovantes soit reconnues comme telles par nos entreprises et par la profession ?
 
 Je pense que cela mérite réflexion au sein du Club.
 
Cela dit, mobilisons-nous pour la deuxième séance de convergence en avril prochain afin qu’elle soit véritablement fructueuse.
 
Enfin, MERCI à vous tous d’avoir contribué à créer un lieu unique, porteur d’espoirs d’un monde bancaire et meilleur pour ses clients, le tout dans une ambiance chaleureuse et vibrante. CONTINUONS DE PLUS BELLE !!
 
 
2.      La vie du Club 
  
1.   Fidji
a.   La labellisation de Fidji par le Pôle de Compétitivité -Innovation, le 12 janvier dernier, a été couronnée de succès
b.   Le comité de pilotage du 2 mars prochain la phase de communication externe qui permettra de porter la bonne parole à tous et ainsi renforcer la communication de tous les participants en interne de leurs entreprises
2.   CR de la séance plénière du 9 février
a.   Nous avons pu converger sur une assez large : « la relation client durable, dans la continuité de la pensée « Fidji » de partir du vécu des personnes, dans une approche de Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises »
b.   Il nous faut maintenant travailler pour en extraire une idée innovante, porteuse d’un projet commun « à la » Fidji : une nouvelle fiche de projet vous sera soumise très bientôt à partir de la revisitée ci-dessus : Remplissez la car nous avons besoin d’avancer …. A notre rythme, mais d’avancer quand même
3.   Proposition pour un Groupe de Travail « formation »
J’ai proposé à un cercle d’académiques, associés directement ou indirectement au Club : Hervé Mathé de Essec-Isis, Philippe Honoré de Paris-Ouest, Alain Bloch du CNAM et Gilles Macchia, responsable R&D du Centre de Formation de la Profession Bancaire de travailler ensemble pour imaginer des filières de formation tournées vers l’innovation dans la et l’. Ceux-ci ont accepté et ce groupe de travail est bien sûr ouvert à tous les membres du Club : Bienvenue !
4.   Proposition Pour un Groupe de Travail « méthodes »
Dans le prolongement de ce qui a été évoqué dans l’, il semble intéressant de travailler ensemble sur les bonnes méthodes de gestion de l’innovation dans les banques et l’ de manière à disposer d’un fonds théorique important. Il est bien sûr primordial d’y associer un ensemble d’académiques (et de travailler ensemble avec le GT « formation ») de manière à garantir la qualité de la matière traitée. L’objectif de ces travaux est de faciliter la structuration d’un processus d’innovation pour les entreprises de nos membres. Nous pourrions nous appuyer, si Groupama le veut bien, sur les travaux d’une doctorante, employée sur ce sujet en 2001 par Groupama et qui maintenant a rejoint le groupe d’innovation technologique de Groupama SI. Dîtes-moi si vous êtes intéressés par cette initiative.
 
3.      PROCHAINE SEANCE 
 
La prochaine séance est prévue le mercredi 6 avril matin dans un endroit à identifier. Faites-moi savoir si la date vous convient et si l’un d’entre vous peut nous héberger.
 
 
4.      Des recommandations de lecture : micro des  ?
  
Le début d’année permet de prendre de bonnes résolutions, de chercher comment voir l’avenir en rose et pour cela apporte son cortège de prévisions et autres études prospectives pour essayer de nous aider à imaginer notre monde en 2020, 2030, voire 2050.
 
Vous pouvez commencer par un panorama imposant des risques géo-politiques analysés par le World Economic Forum.
 
Vous trouverez ci-dessous différents liens vers des documents glanés sur Internet et stockés sur notre site. Je ne sais si vous serez rassurés à leur lecture. Ce qui est sûr, c’est que nos prospectivistes continuent à prédire une évolution importante voire révolutionnaire de l’environnement des banques et assurances, ce qui ne peut que nous conforter dans la raison d’être de notre Club.
 
Je vous recommande en particulier le remarquable document sur l’innovation en France, réalisé en 2009 par l’ESC-EAP, et qui a eu comme suite la création en novembre 2010 d’un Institut pour l’Innovation et la Compétitivité, hébergé par ESC-EAP Paris et dirigé par une étonnante jeune professeure de marketing : Delphine Manceau.
 
L’innovation dans le domaine et est souvent poussée par les nouvelles réglementations (innovantes ?) qui peuvent faire bouger les chaînes de valeur existantes : ainsi, SEPA a défini de nouveaux acteurs dans le paiement : les établissements de paiement et les premiers viennent d’être autorisés en 2010 : suivez leurs activités grâce au blog : etablissementdepaiement.blogspot.fr et surveillez les potentialités d’innovation !
 
Dans le domaine bancaire, on peut citer également le blog de Chris Skinner (http://thefinanser.co.uk/fsclub/ ) qui a des idées intéressantes sur l’avenir de la  : ses meilleurs articles sont dans la rubrique Actualités.
 
Je vous recommande fortement, car cela me fait souvent rêver (donc espérer innover ?!), de vous abonner à trois listes de diffusion de news sur des innovations très diverses et inspirantes : Gizmag News (www.gizmag.com),  Shaping Tomorrow Insight Newsletter(http://www.shapingtomorrow.com/newsletter.cfm)et le dernier que je viens de découvrir The Big Thing (http://bingthing.com)
 
Je n’oublierai certainement pas de mentionner un site exceptionnel : www. de la FING et dont je sélectionne maints articles pour la rubrique Actualités du site du Club.
 
 
Je terminerai en vous recommandant les livres suivants :
 
-       « De l’innovation monétaire aux monnaies de l’innovation » par JM Cornu, directeur technique à la FING, qui fait un panorama très complets des diverses formes de comme les monnaies complémentaires. C’est un petit livre donc très dense au vu de l’importance du sujet. Il faut rappeler que la théorie de la n’est nullement absolument définie aujourd’hui et qu’elle fait toujours l’objet de débats intenses sur la définition même de la  ! De fait, la conception du rôle de la est une véritable réflexion sur la façon de vivre ensemble des valeurs communes : c’est un instrument essentiel du Politique. C’est ainsi une réflexion qui est fondamentalement actuelle, d’où la floraison des monnaies alternatives sur le terrain, comme prototypes de conception de nouveaux modes de vies politiques.
 
-       Notre ami Philippe Cahen, qui nous a déjà apporté beaucoup au sein du Club, vient de sortir son livre «  : mode d’emploi ». Inutile de dire son intérêt pour nous tous, d’autant plus que Philippe nous livre sa méthode, bien plus rigoureuse que l’on pouvait anticiper, et cela ne peut que nous ouvrir des horizons nouveaux sur les méthodes à mettre en place au sein du Club. A LIRE !
 
 
Vous trouverez les références mentionnées en parcourant les dossiers du site du Club qui sont en accès libre SANS MOT DE PASSE: